A petites foulées

23 Mai 2018

Avez-vous vu La-La-Land? Si ce n’est pas le cas, il est encore temps de donner un nouveau tournant à votre soirée puisque le film est disponible en VOD. Sans vous écrire le synopsis, je vous invite à regarder attentivement la scène où Mia, héroïne du film, vient saluer son public après son premier one-woman show. Spectateurs, nous découvrons à travers ses yeux une salle… quasi-vide.

Il m’était difficile de savoir ce que ressentait vraiment Mia à ce moment là, jusqu’à … ce soir. Je suis Mia, non pas sur scène mais derrière mon ordinateur (moins humiliant, j’en conviens), non pas devant une salle quasi-vide mais perdue dans l’un des trous noirs de la galaxie des blogs,

Car être poète n’empêche pas d’être réaliste, il est probable que vous soyez très peu nombreux à lire ce premier article. A ma décharge, je n’ai fait aucune communication sur le sujet. Pourquoi? Parce que je fais partie de cette espère rare qui écrit, crée un blog pour publier ses textes, … mais dont la plus grande peur est d’être lue.

Enfin soyez rassurés, vous êtes d’autant plus chers à mes yeux que vous êtes rares, et je profite de ces moments d’anonymat car un jour je serai vieille, riche et célèbre 🙂

Revenons-en au sujet qui nous/m’interesse, un nouveau poème…

Comme j’ai quelques dizaines de textes d’avance et jamais publiés, je n’ai que l’embarras du choix. Je vous épargne ce soir les poèmes sur l’hiver (pas de saison), sur le regret, la solitude, l’incertitude, l’emprise , … car je garde tout cela au chaud pour le mois de novembre, particulièrement propice à ce type de thématique. Non, là nous sommes le 23 mai, il a fait presque beau à Paris…. et alors que Mia danse sur le bitume hollywoodien, c’est le moment pour moi d’arpenter les pavés parisiens, à petites foulées. J’ai pris la photo dans le marais, après une bonne averse…

Bonne lecture,

 

A PETITES FOULEES

Sans y penser on les piétine,
Purs parisiens dès l’origine,
Ces pavés qui font grise mine,
Le nez au vent, dans nos bottines.

Ces coeurs de pierre et de goudron,
Sont mis en terre sans façon,
Ces compagnons, Grande injustice,
Resteront figés, quel supplice.

Ils sont gardiens de notre temps,
Tapis des joies et des tourments,
De tous ces gens ces anonymes,
Que mille occupations animent.

Ils sont gardiens de nos secrets,
Loin des regards, des indiscrets,
Parfois ils recueillent nos larmes,
La tristesse et nos états d’âme.

Sur eux on rêve et on badine,
On batifole, on assassine,
De foulées en talons aiguilles,
L’automne arrive et les habille.

On y dessine des marelles,
On saute en volant vers le ciel,
Un jour hélas, la craie s’efface,
Comme un signe du temps qui passe.

 

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