Automne blanc

4 Novembre_
Paris_

L’automne,
Un thé fumant en terrasse,
Une jolie vue sur Paris,
Des premières sensations de froid,
Le nez au vent,
On se laisse aller à la rêverie.
Une ballade sur le Pont des Arts?
Bonne lecture

L’adresse: le fumoir, 6 rue de l’amiral Coligny, 75001 Paris
Le fumoir

AUTOMNE BLANC

L’automne est blanc,
Paris s’enrhume,
Emmitouflé
Dans le bitume.

Je vous revois,
Toi, ton foulard,
Dans le vent froid,
Du Pont des Arts.

Mon coeur est blême,
Et dans mes veines,
Coulent les larmes,
D’un vague à l’âme.

Comme un enfant,
Dans le silence
Assourdissant
De ton absence,

Je veux hurler,
Te rappeler,
Te serrer fort,
Ton coeur à tord.

Tu n’entends plus,
Tu n’écris plus,
Evaporé,
Mon bien aimé.

L’éternité
De ma tristesse
Sera gravée
Comme une promesse.

Comme un cadenas,
Sur ce pont, là,
Pont des amours,
Qui tournent court.

Insomnie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

_9 Juillet 2018
_Paris
_Canicule
Le sommeil passe lui aussi à l’heure méditerranéenne,
Et la période est propice aux insomnies.

On parle de troubles de l’insomnie, et de cure de sommeil.
Mais j’inverserais volontiers les termes pour parler de cure d’insomnie…
Une façon de se régénérer en libérant les fantômes,
L’insomnie est une alliée. Elle est le langage de nos émotions quand le coeur est trop lourd.
Bonne nuit…

INSOMNIE

Tu as volé mon sommeil
En soufflant à mon oreille
Des mots, des monts, des merveilles.
Ivre, J’ai foncé dans le décor,
J’ai cassé la boîte de Pandore,
A présent je veille sur l’ aurore,
Et toi tu dors …

Grandes ouvertes sous mes paupières,
Guettant l’ombre d’une lumière,
Mes pupilles sont sur le qui-vive,
Quand il n’y a plus âme qui vive.

Mon inconscient est débridé,
Refait l’histoire sans se lasser,
Compose futur et passé,
Car le présent est imparfait.

Les idées naissent et puis s’emmêlent,
Souvent elles s’évanouissent pêle-mêle,
Certaines ont juste pris la mouche,
Et resteront sur la touche.

D’autres sont noires comme la nuit.
Ces monologues de l’insomnie,
Faits de voyelles et de consonnes,
S’impriment sur le papier carbone.

Ils sont tranchants comme le verre,
Tous les débris tombés par terre,
De mes rêves, de mes chimères,
Engourdis par les somnifères

Et elles me font peur, ces ombres,
Sur les murs, dans la pénombre,
Spectre d’amants aux yeux sombres,
Encore vivants sous les décombres.

Oui, Tu as volé mon sommeil
En soufflant à mon oreille
Des mots, des monts, des merveilles,
Mais moi je ne regrette rien,
Mes insomnies sont notre lien,
Elles veillent sur toi quand tu dors,
Jusqu’à l’aurore.

L’envol

17.06.2018

Une affiche en noir et blanc: Une silhouette qui s’élance vers le ciel. Ou vers la mer? La photo est libre d’interprétation.

Il est rare qu’une exposition me donne tant envie de la découvrir. Le jour-même, me voilà à La Maison Rouge. Un espace que je ne connaissais pas, très contemporain, et dont l’architecture épurée se fait oublier pour mieux mettre en valeur les oeuvres. Notre esprit flotte, on est en lévitation.

 

Il ne vous reste que quelques mois pour découvrir l’espace et l’exposition: la Maison Rouge fermera définitivement ses portes en octobre 2018…alors chaussez vous baskets et sautez dans le premier métro jusqu’à Quai de la Rapée. https://abcd-artbrut.net/actualite/envol-la-maison-rouge/

L’envol est interprété d’une multitude de façons: peintures, sculptures, art primitif, performance art, vidéos. On prend conscience du fait que quelles que soit les époques, les cultures, les réligions, les hommes ont toujours rêvé de voler. Voler, c’est échapper à la pesanteur du quotidien. Voler, c’est croire en ses rêves. Voler c’est refuser l’impossible.

L’oeuvre qui m’a inspirée le plus est ici en photo. Ces ailes posées sur le dossier d’une chaise, façe à une table de travail.
Voilà surement ma façon de m’envoler.
Embarquement immédiat.

L’envol

Un soir me sont poussées des ailes,
Un vers, une rime, un poème,
Tombé le masque, j’ai déchiré,
La photo sur papier glacé.

Peut-être y laisserai-je des plumes,
Plonger la tête au creux du nid,
Planter le bec dans ses ennuis,
Risquer la chute sur le bitume.

Ce soir pour partir en voyage,
Je m’éloignerai du rivage,
Et ma pudeur mettra les voiles,
Sous un ciel noir et sans étoiles.

Mais elle s’envolera ma plume,
Comme allégée, sans amertume,
Elle dansera avec le vent,
Telle un radeau sur l’océan.

Les mots glisseront sur les vagues,
Des euphories, des vagues à l’âme,
Puis la mer d’huile, l’horizon clair,
Le repos de l’aventurière.

Comme elle est douce et tendre ma plume,
Quand mon coeur quelquefois s’embrume,
elle vient me redonner des ailes,
Et je m’envole vers le soleil.

 

 

Six heures du soir

Paris, le 6 juin 2018

Au moment où les deux aiguilles du cadran sont à la verticale, et regardent dans deux directions opposées, il est six heures.

Un cadran, deux directions opposées. Est-ce pour cela qu’elle semble si desordonnée, l’heure de pointe?

A six heures du soir, la ville est au paroxysme des courants contraires: la fin de journée pour certains quand d’autres la commencent. A cette heure là, Paris est submergé par une marée humaine, et devient irrespirable, incirculable, assourdissante.

Mais loin de cette tempête, six heures du soir est aussi l’heure de tous les possibles. Six heures après midi, six heures avant minuit. Un équilibre qui ne demande qu’à être chahuté, il reste encore tant de choses à vivre avant d’aller se coucher.

NB: Et comme six heures, c’est aussi l’heure de l’apéro 🙂 je partage avec vous cette photo prise sur le rooftop de l’Hotel National (Paris 3ème) https://www.hotelnational.paris/.  La carte des cocktails est une parfaite illustration de l’infini des possibles. Enjoy.

Il est six heures du soir
L’heure des chassés-croisés,
La Courneuve ou Villiers,
Ou peut-être autre part.
Mais pour tous, ce soir,
Le jour veillera tard,
Sur les toits, sur les cimes,
Le soleil procrastine.

Il est six heures du soir,
Adossés au comptoir,
Certains se lèvent à peine,
Café noir et migraine.
Leurs âmes éperdues,
Et leurs vies dissolues,
Eblouies par le jour,
Les rendent aveugles et sourds.

Il est six heures du soir,
Tous les coups sont permis,
Les démons de minuit,
Frapperont bien plus tard.
L’heure d’un nouveau départ,
Peut-être un rendez-vous,
Attente au charme fou,
Ensemble ou chambre à part?

Il est six heures du soir,
L’heure des coups de folie,
L’autoroute, ils s’enfuient,
Au son des gyrophares.
Ils pensent à déserter,
A tout recommencer,
A laisser leurs devoirs,
Mais il est déjà tard.

Dansons sous la pluie

31.05.2018

Impossible de ne pas avoir pris l’eau à Paris ces derniers jours. Alors j’ai eu envie de parler de cette pluie dont se plaignent toujours les parisiens. Cela m’a fait penser au regard que l’on porte sur les choses. La pluie: une métaphore de notre vie? On peut la regarder avec des yeux emerveillés ou bien se cacher derrière elle en jouant la défaite.
« Sur la voute des cieux, notre histoire est écrite » (L.Racine)? Là encore, question de point de vue. Et à ce propos je vous invite à lire « Avoir le courage de ne pas être aimé », un dialogue entre un philosophe et un écrivain japonais, qui interroge sur la véritable liberté, celle de refuser le fatalisme, et être conscient de la subjectivité de notre regard. Il ne tient qu’à nous de changer, et d’être heureux, joyeux, et… de danser sous la pluie.

Ecoute la tomber, l’averse parisienne,
Un jour brume légère, l’autre pluie diluvienne,
Humeur imprévisible aux mille et un visages,
Elle veille sur ceux dont le coeur fait naufrage.

Elle est triste à pleurer, l’averse parisienne,
Pour l’âme solitaire qui derrière les rideaux,
Semble compter les gouttes échouées sur les carreaux,
Il lui est bien égal que le soleil revienne.

Elle cache bien son jeu, l’averse parisienne,
Comme une demoiselle aux allures mondaines,
Ses traits évaporés, ses dentelles graciles,
Drappent d’eau et de glace nos membres immobiles.

Eternelle amoureuse, en proie au coup de foudre,
Décor de cinéma pour liaisons adultères,
Elle bénit les unions que rien ne peut dissoudre,
Et couvre d’un linceul les passions éphémères.

Ecoute la chanter, l’averse parisienne,
A son diapason, tu danses à perdre haleine,
Et tous ces parapluies aux couleurs d’arc en ciel
Te feront tournoyer jusqu’à l’année prochaine.

A petites foulées

23 Mai 2018

Avez-vous vu La-La-Land? Si ce n’est pas le cas, il est encore temps de donner un nouveau tournant à votre soirée puisque le film est disponible en VOD. Sans vous écrire le synopsis, je vous invite à regarder attentivement la scène où Mia, héroïne du film, vient saluer son public après son premier one-woman show. Spectateurs, nous découvrons à travers ses yeux une salle… quasi-vide.

Il m’était difficile de savoir ce que ressentait vraiment Mia à ce moment là, jusqu’à … ce soir. Je suis Mia, non pas sur scène mais derrière mon ordinateur (moins humiliant, j’en conviens), non pas devant une salle quasi-vide mais perdue dans l’un des trous noirs de la galaxie des blogs,

Car être poète n’empêche pas d’être réaliste, il est probable que vous soyez très peu nombreux à lire ce premier article. A ma décharge, je n’ai fait aucune communication sur le sujet. Pourquoi? Parce que je fais partie de cette espère rare qui écrit, crée un blog pour publier ses textes, … mais dont la plus grande peur est d’être lue.

Enfin soyez rassurés, vous êtes d’autant plus chers à mes yeux que vous êtes rares, et je profite de ces moments d’anonymat car un jour je serai vieille, riche et célèbre 🙂

Revenons-en au sujet qui nous/m’interesse, un nouveau poème…

Comme j’ai quelques dizaines de textes d’avance et jamais publiés, je n’ai que l’embarras du choix. Je vous épargne ce soir les poèmes sur l’hiver (pas de saison), sur le regret, la solitude, l’incertitude, l’emprise , … car je garde tout cela au chaud pour le mois de novembre, particulièrement propice à ce type de thématique. Non, là nous sommes le 23 mai, il a fait presque beau à Paris…. et alors que Mia danse sur le bitume hollywoodien, c’est le moment pour moi d’arpenter les pavés parisiens, à petites foulées. J’ai pris la photo dans le marais, après une bonne averse…

Bonne lecture,

 

A PETITES FOULEES

Sans y penser on les piétine,
Purs parisiens dès l’origine,
Ces pavés qui font grise mine,
Le nez au vent, dans nos bottines.

Ces coeurs de pierre et de goudron,
Sont mis en terre sans façon,
Ces compagnons, Grande injustice,
Resteront figés, quel supplice.

Ils sont gardiens de notre temps,
Tapis des joies et des tourments,
De tous ces gens ces anonymes,
Que mille occupations animent.

Ils sont gardiens de nos secrets,
Loin des regards, des indiscrets,
Parfois ils recueillent nos larmes,
La tristesse et nos états d’âme.

Sur eux on rêve et on badine,
On batifole, on assassine,
De foulées en talons aiguilles,
L’automne arrive et les habille.

On y dessine des marelles,
On saute en volant vers le ciel,
Un jour hélas, la craie s’efface,
Comme un signe du temps qui passe.

 

Lettre à un petit inconnu

Petit inconnu, que sera ta destinée?
Alors que pour l’instant je te couve, te  materne,
Tu voudras dans huit mois voir de tes propres yeux,

Le monde sera pour toi un grand terrain de jeu.

Petit inconnu dont le cœur bat déjà,
Es-tu fille ou garçon? intrépide ou artiste?
La vie sera-t-elle labyrinthe ou jeu de piste?

Aimeras-tu sourire ou bien rire aux éclats?

Petit inconnu tu as à peine un mois,
Et déjà de ton être tu imprègnes mon âme,
Du matin jusqu’au soir tu suscites mes joies,

Tu berces mon sommeil ou fais couler mes larmes.

Petit inconnu de quelques millimètres,
La vie t’appartiendra, riche de ses promesses,
Saisis-la sans frémir, réjouis-toi sans cesse,

De ce champ des possibles qui comblera ton être.

Petit inconnu, tu n’es pas encore là,
Mais déjà il me semble si bien te connaître,
Telle une louve inquiète je voudrais te faire naître,

Dans une bulle sans heurt, te guider pas à pas.

La vie est une amie, apprivoise la vite,
Ose t’en défier, marche d’un pas résolu,
Laisse tes rêves te porter en terres inconnues,

Toujours ils t’offriront le plus tendre des gîtes.

Petit être sans nom, me voici ta maman,
Si la vie t’égratigne, j’apaiserai ton tourment,
Et lorsqu’un grand bonheur éblouira tes yeux,

Je saurai alors ce que c’est qu’être heureux.