Tempo

_5 Octobre 2018
_Paris
_Nouveau chapitre

Après quelques semaines, me voici de retour avec un nouveau texte.
A l’image de cet été que je n’ai pas vu passer, j’avais envie de réflechir à notre rapport au temps. Selon notre humeur le temps s’étire ou se dérobe. Chaque journée pourtant s’annonce avec une précision et une régularité à nous faire mourir d’ennui: vingt-quatre heures composées de soixantes minutes, sans une de plus ou de moins.

Mais à l’image d’une partition de musique, qui prend vie avec son interprète, chacune de nos journées se teinteront de différents mouvements. Car nous même sommes en perpetuel changement, au sein d’un monde qui évolue d’une seconde à l’autre: « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » concluait à juste titre Héraclite. Notre identité même en est ainsi questionnée. Si nous chnageons en permanence, qui sommes-nous?

Notre identité pourrait alors venir se nicher dans notre capacité de décision…. de jouer solo ou en orchestre. d’improviser, de changer de tonalité la partition, comme on renonce au programme établi d’une journéee pour partir en escapade à la faveur d’une magnifique matinée ensoleillée?

Le temps est une matière première que notre âme d’artiste pourra sculpter à l’envie, et c’est là que s’affirmera notre être profond. Pour cela il suffit d’écouter notre coeur, sans doute le meilleur metronome.

TEMPO

Il court le temps, bat le tempo,
Au fil des saisons, sur ma peau,
Il souffle le froid et le chaud,
Insaisissable vibrato.

Et je vis à la démesure,
D’un staccato jusqu’à l’usure,
Les lignes dansent, bayadères,
Quand le métronome accélère.

Mais les choeurs vont parfois piano,
Jouent la tristesse en adagio,
Si quelque désaccord mineur,
S’immisce comme un imposteur.

Il court le temps, bat le tempo,
L’automne arrive et joue solo,
Chassant les trois autres saisons,
Adieu, Vivaldi, sans façon…