Six heures du soir

Paris, le 6 juin 2018

Au moment où les deux aiguilles du cadran sont à la verticale, et regardent dans deux directions opposées, il est six heures.

Un cadran, deux directions opposées. Est-ce pour cela qu’elle semble si desordonnée, l’heure de pointe?

A six heures du soir, la ville est au paroxysme des courants contraires: la fin de journée pour certains quand d’autres la commencent. A cette heure là, Paris est submergé par une marée humaine, et devient irrespirable, incirculable, assourdissante.

Mais loin de cette tempête, six heures du soir est aussi l’heure de tous les possibles. Six heures après midi, six heures avant minuit. Un équilibre qui ne demande qu’à être chahuté, il reste encore tant de choses à vivre avant d’aller se coucher.

NB: Et comme six heures, c’est aussi l’heure de l’apéro 🙂 je partage avec vous cette photo prise sur le rooftop de l’Hotel National (Paris 3ème) https://www.hotelnational.paris/.  La carte des cocktails est une parfaite illustration de l’infini des possibles. Enjoy.

Il est six heures du soir
L’heure des chassés-croisés,
La Courneuve ou Villiers,
Ou peut-être autre part.
Mais pour tous, ce soir,
Le jour veillera tard,
Sur les toits, sur les cimes,
Le soleil procrastine.

Il est six heures du soir,
Adossés au comptoir,
Certains se lèvent à peine,
Café noir et migraine.
Leurs âmes éperdues,
Et leurs vies dissolues,
Eblouies par le jour,
Les rendent aveugles et sourds.

Il est six heures du soir,
Tous les coups sont permis,
Les démons de minuit,
Frapperont bien plus tard.
L’heure d’un nouveau départ,
Peut-être un rendez-vous,
Attente au charme fou,
Ensemble ou chambre à part?

Il est six heures du soir,
L’heure des coups de folie,
L’autoroute, ils s’enfuient,
Au son des gyrophares.
Ils pensent à déserter,
A tout recommencer,
A laisser leurs devoirs,
Mais il est déjà tard.

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